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J’ai commencé la peinture à l’huile à 15 ans dans un petit atelier de la vielle ville de Besançon. Les souvenirs sont lointains. Restent cependant vivants les intenses moments de plaisir. J’ai laissé longtemps la peinture en jachère avec quelques incursions ponctuelles d’un tableau, les rares jours de soleil sur ce champ endormi. Je me sentais stérile, incapable de création et les résultats ne me satisfaisaient pas. Depuis quelques années, j’ai trouvé grâce à Jean Yves Guionet une façon de travailler la peinture qui a remis ce champ en culture et donné vie à la création. Ces longues années de maturation m’ont permis de mettre à jour les freins à cette création. Chaque toile n’est pas une « bonne toile », mais chaque toile est un espace vivant, un espace de tension, un espace de découverte. * Espace vivant où alternent les batailles et les trêves, les évidences et les doutes, les émotions et leur palette de couleurs puis quand je ne l’attends plus, le seul acte de peindre, bref moment que je ne peux saisir qui se révèle dans son évidence à posteriori. * Espace de tension, où le corps se met en mouvement tentant de maîtriser d’apprivoiser le médium. Je peux vouloir quelque chose, penser une image, je suis contrainte de passer par le corps et la matière. Il résulte de cette dualité un inexprimable, un hiatus, un manque, une frustration. * Espace de découverte, dans ce qui se révèle à mon insu, qui émerge, et que je n’ai pas voulu au sein même de ce paradoxe. Etonnant. Quand je regarde les tableaux que j’ai peints, j’ai cette impression qu’ils ne sont pas de moi. « Peindre par corps » est le leitmotiv de J.Y.Guionet et à l’instar de Bram Van Velde j’aimerais faire mienne un jour cette constatation : «La toile ne vient pas de la tête mais de la vie, Je ne fais que chercher la vie, Tout ça échappe à la pensée, à la réalité. » Catherine MARCHAND |